• Thibaut LA PORTA

Le management de la résilience 🤜🏼🤛🏼

Du verbe latin resilio, ire, littéralement « rebondir, résister ». Faire preuve de résilience, c'est être capable de rebondir et de se reconstruire après un moment difficile. Certaines personnes parviennent toujours à se remettre, à retrouver le chemin du bonheur et se remotiver.

Le concept de résilience


On peut dire d’une personne qu’elle est résiliente lorsque, plutôt que de nier les évènements ou de s’enfoncer dans la tristesse et la dépression à cause d’eux, elle parvient à y faire face, à ressortir plus fort de ses expériences, à rester optimiste et confiant en la vie.

“Force morale, qualité de quelqu’un qui ne se décourage pas, ne se laisse pas abattre.”


Dans le milieu professionnel, la résilience est la capacité d’une personne, d’une équipe, d’une entreprise à absorber un choc, à rebondir après un échec, à continuer de se développer et se projeter dans l’avenir.


Les principes de la résilience


La capacité qu’ont les personnes à "rebondir" après un choc traumatique repose sur 4 principaux facteurs :

1 facteur intrinsèque (lié à l’individu) :

Le tempérament de la personne, ses représentations, sa motivation. Généralement, les personnes résilientes refusent de rentrer dans un rôle de victime passive. Elles pardonnent, font preuve de positivisme, de courage et de persévérance pour se « remettre en selle » et continuer le cours de leur existence.


3 facteurs extrinsèques (liés à l’environnement) :

-     Un cadre protecteur affectif bienveillant.

-     La possibilité de partager ce qui a été vécu avec d’autres personnes.

-     Un entourage compréhensif et soutenant.


La capacité d’une entreprise à être résiliente ne repose donc pas uniquement sur les individus mais sur son aptitude à créer les conditions du "rebond" qui reposent sur une dynamique collaborative spécifique :

- La bienveillance, afin que chacun se sente libre de pouvoir s'exprimer.

- L’entraide, ce qui suppose un haut niveau de coopération, de partage et de soutien mutuel.

- Le positivisme, afin d’accepter la situation, d’accepter ce qui ne peut être changé et se concentrer sur les aspects positifs de la situation, les opportunités à saisir.

- La responsabilité, pour éviter la victimisation. Cette valeur a pour but de permettre aux collaborateurs de devenir auteurs et acteurs de leur « rebondissement ».


Développer sa résilience en tant que soft-skill


Votre histoire personnelle n’est pas figée dans le temps. Elle évolue avec les années et il est possible de bâtir la confiance en soi, en la vie et en son entourage au fur et à mesure que l’on avance. Certaines personnes ont de meilleures bases que d’autres. Toutefois, ce n’est pas parce qu’on a eu une enfance défaillante qu’on ne peut pas changer sa façon de voir la vie. Cela demandera parfois plus d’efforts et d’implication personnelle, mais il est possible de cultiver la résilience.


La résilience peut donc être une capacité qui s’apprend et se développe, elle repose sur de nombreuses aptitudes, plus particulièrement :


“La première chose à faire consiste à ne pas se voir systématiquement en victime… La résilience suivra si l’on y met assez de volonté.”

  • Booster la confiance en soi, aux autres, en un avenir meilleur. Indispensable pour se remettre en mouvement, cette capacitĂ© repose sur l’adoption de croyances positives qui permettent de gagner en assurance personnelle, de reconstruire avec les autres.

  • Essayer d’être toujours optimiste, de voir le bon cĂ´tĂ© des choses

  • La dissociation Ă©motionnelle : accepter ses Ă©motions, de prendre de la hauteur, d’en tirer les enseignements pour rĂ©agir. Par exemple, la peur n’a pas pour objectif de paralyser un individu mais de l’inciter Ă  agir pour retrouver de la sĂ©rĂ©nitĂ©.

  • ĂŠtre flexible & enthousiaste face aux changements. L’adaptation, pour absorber les changements, trouver des solutions adaptĂ©es aux situations, notamment dans un contexte incertain et en perpĂ©tuel mutation, pour Ă©largir ses perspectives, ĂŞtre rĂ©actif et proactif.

  • S’entourer de personnes positives, qui nous apprennent des choses & nous encouragent

  • Essayer d’être reconnaissant pour ce qu'on a, plutĂ´t que de se plaindre de ce que l’on n’a pas

  • Accepter que l’on ne puisse pas toujours changer les choses

  • Ne pas avoir peur d'ĂŞtre seul de temps en temps : il faut voir ces moments comme des Ă©tapes qui nous apprennent Ă  mieux nous connaĂ®tre pour ensuite aller vers les autres

  • La persĂ©vĂ©rance, nĂ©cessaire pour surmonter les obstacles, avoir un regard critique sur la situation, ses capacitĂ©s, distinguer lorsqu’il faut renoncer, suspendre ou poursuivre l’action, apprendre des erreurs et des Ă©checs.

  • Entretenir son sens de l’humour : le rire est l’une des armes les plus puissantes & apprendre Ă  rire de toutes les situations permet de littĂ©ralement changer notre façon de voir les choses


Les outils & les pratiques de la résilience


L’adoption de la culture de la résilience ne va pas de soi. Elle suppose d’instaurer certaines pratiques collaboratives.

En ce qui concerne la protection (bienveillance, entraide) :

  • Le rapport d’étonnement, afin d’évoquer ce qui a Ă©tĂ© surprenant (en positif et nĂ©gatif) et proposer des idĂ©es d’amĂ©lioration

  • Le retour d’expĂ©rience, pour exprimer ce qui a Ă©tĂ© facile/difficile, possible/impossible, ce que l’on a appris, ce qu’il convient de changer

  • Des dispositifs d’expression d’idĂ©es, tels que des rĂ©unions hors du bureau